Les allégations du diplomate Colvin sur la torture des détenus afghans confirment les craintes du professeur Attaran
La sortie du diplomate canadien Richard Colvin devant un comité parlementaire sur la mission canadienne en Afghanistan confirme les inquiétudes émises depuis plus de trois ans par le professeur Amir Attaran.M. Colvin a créé une tempête à Ottawa le 18 novembre 2009 en affirmant que le gouvernement avait ignoré ses avertissements sur le transfert des prisonniers capturés par les soldats canadiens aux autorités afghanes. Selon les informations obtenues par M. Colvin, ces prisonniers risquaient d’être torturés, ce qui rendait le Canada complice de crime de guerre en vertu des Conventions de Genève.
Le professeur Attaran a émis les mêmes craintes lors d’une conférence en mars 2006 : « Les soldats risquent involontairement de devenir accessoire à la torture, un crime de guerre », avait-il alors déclaré. Dans les mois suivant la conclusion de l’accord sur le transfert des prisonniers, il s’était adressé à la Défense nationale pour obtenir une copie de l’entente. Il avait essuyé un refus.
Les allégations de Richard Colvin viennent donc confirmer les pistes de recherche du professeur Attaran. « Voilà un cas remarquable, a-t-il indiqué, où la recherche instiguée à l’Université d’Ottawa a un impact réel. Un nouvel accord entre Ottawa et Kabul a été signé, le transfert des prisonniers a été suspendu plusieurs fois et plusieurs enquêtes ont été lancées, incluant celle du Parlement canadien. »
Le professeur Attaran croit que la GRC pourrait être appelée à enquêter afin d’identifier les personnes qui étaient au fait de ces informations mais qui ont refusé d’agir. Il va sans dire, selon lui, que toute cette affaire aura un impact outre-frontière : « Les ramifications de cette recherche vont affecter le Canada de même que nos alliés de l’OTAN qui ont aussi transféré des détenus en Afghanistan. »
